Annunaki & Amara : Un conte musical

 

Amara : Camille Gimenez-Lavaud (mezzo-soprano)

Annunaki : Alexis Dubroca (pianiste)


Mise en scène : Valentine Martinez

 

         Annunaki et Amara « Annunaki et Amara » est né de la rencontre d’une chanteuse et d’un pianiste, tous deux passionnés par le répertoire français et l’envie de transmettre leur amour de la musique. Il s’agit d’un conte musical destiné à faire découvrir la musique classique aux enfants. Le répertoire varié, mêlant extraits d’opéra, mélodies et chansons exotiques, est interprété majoritairement en français et en onomatopées pour une meilleure immersion dans l’histoire. Les différentes lettres reçues par Annunaki proviennent de pays très différents et sont illustrées par des airs choisis avec un grand soin ; ainsi pour l’Inde, ce sera une mélodie de Maurice Delage et pour l’Espagne, Carmen. Devant une aussi grande variété de répertoire, un point commun : la langue française qui sert de lien à tout le projet afin de permettre à un public jeune et découvrant la musique classique de mieux s’immerger dans l’histoire.

 

          Par ailleurs, le choix de la forme du conte n’est pas anodin, il s’agit en effet d’une forme universelle, bien connue du jeune public qui maitrise les codes de ce récit ancestral où la narration s’adresse directement à l’assistance en la prenant à témoin et en l’impliquant dans le déroulé de l’histoire. Le conte, par son aspect magique et intemporel,  nous parle, collectivement car l’histoire porte une vérité sur les hommes mais aussi individuellement par l’émotion qu’il suscite chez l’auditoire. Le conte fait appel à l’imaginaire, nous permet de voyager dans le temps et l’espace, de frémir et de frissonner  au gré de la voix du conteur. Alors, voix parlée et voix chantée s’entremêlent pour nourrir l’imaginaire du public et le transporter.

 

          Sur le plateau, deux personnages se répondent, tour à tour pianiste, chanteuse, conteuse et comédiens. L’action se déroule autour d’un bol chantant, décor unique, lampe magique, d’où apparaissent les différents éléments de l’histoire : ainsi apparaissent le génie et les lettres reçues. Le parti pris d’un format minimaliste permet d’adapter le spectacle à toute sorte de lieu, l’ambiance étant créée par la proximité du public, idéalement au sol comme autour d’un feu, et un travail sur les voiles. Le public est associé au processus narratif lors de différentes interventions (chœur lors de Carmen « prends garde à toi ! », percussions corporelles lors de la chanson africaine) et lors de la résolution dramatique.

 

          Ainsi, par le biais d’un conte original, qui rappellera Shéhérazade pour son orientalisme, « Annunaki et Amara » propose aux plus petits une découverte de la musique classique mais n’oublie pas les plus grands qui seront tenus en haleine par l’histoire de ses deux personnages, les multiples niveaux de lecture et le grand soin porté au choix du répertoire. Hors des pratiques traditionnelles, cette forme hybride, conte opératique, permet également d’aller à la rencontre des plus jeunes dans un cadre familier et rassurant (crèche, école,) afin de les initier à la magie de la musique classique. Enfin, comme tout conte, « Annunaki et Amara » est porteur d’une morale : inutile de chercher le bonheur ailleurs, dans des pays rêvés, car il se trouve souvent tout à côté pourvu que l’on accepte de s’ouvrir aux autres…