"Promenade amoureuse de Séville à Madrid"

 

 

Camille Gimenez-Lavaud (mPromenade amoureuse de Séville à Madridezzo-soprano)
& Clémence Chabrand (pianiste)

 

L’Espagne…  

 

Il suffit de fermer les yeux pour voir s’agiter robes et éventails, ressentir les rythmes endiablés du flamenco et entendre les timbres rauques et suaves de sa musique... Cependant, si l’on saurait reconnaître la musique espagnole entre mille, la connaît-on vraiment ?

 

« Promenade amoureuse de Séville à Madrid », c’est un portrait de la musique espagnole dans ce qu’elle a de plus typique mais aussi de toutes les influences et pastiches qu’elle a pu susciter. Une manière de présenter ce répertoire pour mieux le comprendre et découvrir le paysage riche et varié de la musique espagnole dans sa réalité et la fantasmagorie qu’il engendre.

 

L’Espagne vue par les français

 

Il est vrai qu’en France, au XIXe siècle, l’Espagne fascine. A l’heure où la bourgeoisie affirme ses codes et ses valeurs, l’Espagne incarne un idéal de liberté et de sensualité. Elle est l’instinct que nous avons perdu, l’animalité que nous refusons, la suavité qui nous n’assumons pas. Tous arts confondus célèbrent la beauté sauvage et fière de l’Espagne et les compositeurs français, également sous le charme, font de même. Massenet, Viardot, Chabrier, se penchent sur ce style parisien en vogue qu’est l’espagnolade. Ils y déploient toute leur créativité et l’on finirait par les croire plus espagnoles qu’elles ne le sont, à l’image de Carmen qui est finalement dépeinte par un compositeur français. Car l’espagnolade demeure néanmoins une manière de ranger le folklore dans une forme francisée, qui nous convient.

 

La musique populaire

 

Si elle a connu son âge d’or à la renaissance, la musique espagnole peine à contrer l’hégémonie du bel canto Italien. Ainsi, à la recherche d’une identité spécifique, les compositeurs espagnols du XIXeme (De Falla, Granados…) puisent dans un répertoire ancien pour former un nouveau folklore qui participe d’un mouvement identitaire fort. Les mélodies traditionnelles et les chansons populaires sont couchées sur le papier par les grands compositeurs espagnols qui vont leur donner leurs lettres de noblesse.

 

La place de l’amour

 

Enfin, que serait un voyage dans la musique espagnole, qu’elle soit traditionnelle ou fantasmée, sans un arrêt sur l’amour et sa place dans la musique. En effet, du fait même de la place importante de la tradition populaire, la thématique amoureuse est largement développée, sous diverses formes (humoristique, tragique, heureuse…) et trouve une expression nouvelle dans la musique espagnole, une expression qui nous touche immédiatement, que ce soir pour rire ou pour souffrir en empathie.

 

La musique espagnole est sensuelle, festive et chaleureuse ; elle se ressent avant de se comprendre mais si l’on s’attarde un peu, elle révèle une richesse et une complexité qui font sa spécificité au sein de la musique classique européenne.  Ce que nous proposons, c’est un regard sur l’Espagne, une promenade jalonnée par ces différents thèmes, qui nous permettent de comprendre et d’appréhender ce répertoire et ses influences, dans une approche à la fois sensitive, musicale et intellectuelle.